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« Lire » une médaille
La « lecture » d’une médaille peut se faire, pour commencer, par repérage des points suivants :
- au droit (ou avers) : légende, motif principal ou type, signature
du Graveur
- au revers : légende, motif , époque
- sur la tranche : gravure de personnalisation
Histoire des médailles
Vers 1550, Henri II fait venir d’Allemagne des appareils mécaniques, les balanciers, récemment inventés, qui doivent permettre d’obtenir des pièces d’une nette rotondité, (que la frappe au marteau ne permet pas), rendant difficile la contrefaçon.
En 1551, le roi, afin d’utiliser ce matériel crée de nouveaux ateliers dans la Maison des Etuves, à l’extrémité des jardins du Palais, situés à la pointe occidentale de l’Ile de la Cité, d’où le nom de « Monnaie des Etuves ». Mais, comme les laminoirs sont mus par un moulin à eau, le nom de « Monnaie du Moulin » prévaut bientôt.
Cependant, la Cour des Monnaies manifeste une hostilité croissante à l’égard des nouveaux procédés. Elle craint, en effet, que la qualification des monnayeurs soit remise en cause par les nouvelles machines. (Il est amusant de noter qu’en anglais, « to strike » signifie à la fois « frapper des monnaies » et « faire grève » !)
Le 19 septembre 1585, Henri III se résout à interdire à la Monnaie du Moulin de frapper des pièces et la place sous le contrôle de la Cour. Les travaux de la Monnaie du Moulin se limitent, désormais, à la frappe des pièces de plaisir, des médailles et des jetons. A partir de 1607, la Monnaie du Moulin doit quitter la pointe de l’Ile de la Cité, son départ étant rendu nécessaire par la construction du Pont-Neuf. Elle est transférée au Louvre, dans la grande Galerie bâtie par Henri IV. L’établissement prend le nom de « Balancier du Louvre », puis de « Monnaie des médailles ».
En 1638, Louis XIV naît.
Probablement en 1639, la Monnaie du Moulin est définitivement transférée au Louvre. Elle dépend des Bâtiments du Roi, et non de la Cour des Monnaies. Elle va frapper toutes les médailles de Louis XIV et de Louis XV. A cette époque, Jean Warin, Directeur de l’Etablissement et Graveur Général des Monnaies, assure le triomphe de la frappe au balancier sur la frappe surannée au marteau. Par ailleurs, l’art de la taille directe des matrices dans l’acier atteint sa perfection grâce à Roëttiers. Très vite, Warin sait sensibiliser l’attention du jeune roi sur l’art de la médaille et, bientôt, le matin, après la messe, Louis XIV prend l’habitude d’aller contempler sa collection de médailles.
Louis XIV comprend que la médaille est un support privilégié
et puissant pour sa propagande et pour la célébration des hauts
faits de son règne. Son effigie sur une médaille, (à
l’avers), c’est sa puissance magnifiée, bien au-delà
de Versailles.
Il va faire faire des médailles à sa gloire et les distribuer
à ses proches ou aux princes étrangers.
Le marketing est né !
Le 22 novembre 1696, un orfèvre du roi, Nicolas de Launay, est nommé à la tête de la Monnaie des Médailles : il est Conseiller, Directeur, Contrôleur et Garde de la Monnaie des Médailles, Chargé de la Galerie Métallique du Roi. Alors que l’activité de la Monnaie des Médailles tend à décliner tout au long du XVIIIe siècle, en 1768, Louis XV décide, que l’atelier monétaire de la rue de la Monnaie, soit transféré de la vieille bâtisse du XIVe siècle, qui l’abritait, dans un nouvel hôtel, construit sur la rive gauche, à l’emplacement occupé auparavant par l’Hôtel de Conti, (d’où le nom du « Quai de Conti »).
L’Abbé Terray, contrôleur Général des Finances, pose la première pierre le 30 avril 1771. Paris est ainsi dotée, en 1776, de l’un des plus beaux bâtiments, qui vont faire la renommée de l’architecture française, en Europe, à cette époque. Cette construction est le chef-d’œuvre de Jacques-Denis Antoine. Contrairement à d’autres bâtiments de l’époque, elle est, dès l’origine, conçue pour la fabrication monétaire. C’est, en quelque sorte, le début de l’architecture industrielle en France. Pendant la Révolution, l’activité de la Monnaie des Médailles est très ralentie.
Napoléon, conscient des services que la médaille peut rendre
à sa gloire naissante, lui redonne un nouvel essor. En 1803, il fonde
un atelier de bijouterie à la Monnaie des Médailles. (Celle-ci
est placée sous la direction d’un de ses anciens compagnons de
route, durant la campagne d’Egypte, le baron Vivant-Denon, scientifique,
dessinateur et graveur.
Vivant-Denon met en valeur d’autres graveurs de talent : Droz, Andrieu,
Gatteaux, Galle, …). En 1804, Napoléon installe la Monnaie des
médailles en situation de monopole. Jusqu’en 1806, les ateliers
de la Monnaie des Médailles se maintiennent au Louvre, à côté
de l’Imprimerie Royale.
Mais, après le décret du 7 mars 1807, ils rejoignent l’Hôtel des Monnaies du Quai Conti. La Prudence, l’Abondance, la Force, la Justice, la Paix et le Commerce, figures allégoriques, situées au-dessus des colonnes de l’avant-corps central du bâtiment, accueillent la Monnaie des Médailles, ainsi que les statues de l’avant-corps central de la rue Guénégaud, qui représentent la Terre, qui fournit les métaux, le Feu, qui les transforme en masse liquide, l’Air qui souffle le feu, et l’Eau, qui lave et trempe les métaux (Bien sûr, à cette occasion, une restructuration de certains locaux a lieu).
L’ordonnance royale du 24 mars 1832 rattache administrativement les bureaux de la Monnaie des Médailles à la « Monnaie des Espèces », pour former la « Commission des Monnaies et Médailles », qui devient « L’Administration des Monnaies et Médailles ». Dès lors, la médaille française connaît un nouvel âge d’or. Elle illustre l’industrie et le commerce, en pleine expansion. Elle reflète l’histoire du pays, politiquement et économiquement. Elle continue à souligner les faits saillants de l’histoire et à représenter l’effigie des personnalités marquantes. En 1880, la fabrication des médailles est nationalisée. Mais, en 1883, les meilleurs graveurs font annuler cette décision, car ils veulent pouvoir faire le choix du lieu de frappe de leurs oeuvres, ce qui leur est accordé, sous réserve d’effectuer un dépôt légal de leur création.
Après la décentralisation de 1973 et le transfert des fabrications
monétaires à Pessac (Gironde), l’Hôtel des Monnaies
de Paris continue à abriter les ateliers de fabrication des médailles,
des bronzes d’art et des décorations, ateliers fonctionnant en
grande partie de façon artisanale. Aujourd’hui, toutes les tendances,
tous les courants artistiques (classicisme, abstraction, impressionnisme,
surréalisme, expressionnisme, …) s’expriment ou s’affirment
dans la médaille, dont la Monnaie de Paris est le premier producteur
mondial.
Gravure en médailles
Depuis 3 siècles, la gravure en médailles maintient la tradition de la taille directe sur acier, soit en creux inversé, soit en relief avec burins, échoppes ciselets, poinçons à main et alphabets. Le travail du graveur en médailles s’attache à un approfondissement subjectif, à plusieurs niveaux. Ces plans de travail touchent aussi bien :
- l’art
- l’évolution d’un motif récurrent
- l’originalité
- la célébration
- la constitution du motif
- la mémoire collective
- la nouveauté
- la symbolique
- la valeur commémorative
- la valeur concurrentielle
- la valeur de l’emblème sur le plan national (écusson,
armoiries, devise, …)
- la valeur esthétique
- la valeur historique
- la valeur utilitaire
- le concours à l’origine de la médaille
- le design
- le dessin original
- le sujet choisi
- le sujet retenu
- les métaux de frappe
- les projets nationaux représentés
- les réalisations existantes dans différents domaines (architecture,
arts, collectivité, créativité, découvertes, écologie,
environnement, industrie, médecines, patrimoine, philosophie, population,
santé, sciences, tourisme, trésors naturels,…)
- les valeurs (avenir, coutumes, liberté, métissage, paix, protection,
puissance, rituels, sécurité, unité, …)
- …
On voit là que l’art du graveur n’est pas que technique
: il doit composer avec une multitude d’éléments, ce qui
donne autant de prix à son ouvrage, fait d’émotion, pour
enseigner directement par l’image.
Fonderie
Créée en 1973, la fonderie ne fondait, au départ, que
des médailles circulaires, d’un diamètre plus important
que les médailles frappées, et d’un relief souvent plus
marqué. Aujourd’hui, avec le moulage sous vide avec plan de joint,
l’atelier peut réaliser des sculptures allant jusqu’à
50 centimètres. Avec le procédé traditionnel de la cire
perdue, l’atelier réalise des sculptures au relief plus «
tourmenté » ou bien de petites tailles, ainsi que des lignes
de bijoux en or, créés d’après des monnaies et
médailles anciennes. La fonte s’adapte à toutes les inventions
et à toute les émotions.
Décrire les médailles
On trouvera avantage à savoir décrire une médaille pour mieux en parler, comme l’on parle avec plaisir, facilité et amour de ses livres chéris, de son jardin entretenu ou de ses voyages marquants. De la même façon que la médaille, en tant qu’œuvre d’art, a besoin d’espace autour d’elle pour exister, elle sera mieux servie par un environnement de parole que par la thésaurisation, l’accumulation, l’entassement ou l’empilage. Caractéristiques objectives et subjectives souligneront adroitement la beauté artistique de la médaille, beauté, que l’on voudra, bien sûr, faire passer. En voici quelques-unes :
- Artiste (graveur, auteur, …)
- Célébration d’un personnage
- Diamètre
- Epoque
- Illustration d’une valeur
- Métal (alliage, composition, …)
- Origine historique
- Origines événementielles de l’édition
- Patines
- Pérennisation d’un événement
- Poids
- Représentation (motifs, symboles, …)
- Technique de fabrication (estampage, fonte, émaillage…)
- …
Chacune de ces caractéristiques a, bien sûr, son importance
pour asseoir la présentation de votre collection, mais, votre art sera
de parvenir à communiquer un peu de vous-mêmes à travers
chacune des médailles collectionnées.
Décorations
La Monnaie de Paris fabrique et vend les décorations officielles françaises,
tant civiles que militaires.
Les médailles des décorations sont frappées comme les
autres médailles, à la Monnaie de Paris, qui possède,
par ailleurs, un atelier de montage pour la fixation des bélières
et un atelier d’émaillage, d’où sortent, par exemple,
les insignes de la Légion d’Honneur ou de l’Ordre National
du Mérite. Il existe actuellement plus d’une centaine de décorations,
dont l’achat reste libre. Seul le port est réglementé.
L’art de collectionner les décorations s’appelle la «
phaléristique ». Les insignes des décorations fabriquées
par la Monnaie de Paris sont strictement conformes à leurs définitions
réglementaires (couleur des rubans, métaux choisis, formes retenues,
…). La Monnaie de Paris fait quelques modèles dits « réductions
» pour les décorations les plus importantes, mais s’interdit
toute fabrication de fantaisie.
Cotations des médailles
La médaille raconte l’Histoire ou une histoire à sa façon, et, dans tous les cas, celle d’un esthétisme. Par conséquent, la cotation des médailles est, jusqu’à présent, principalement affective et historique et sans aucune mesure avec la valeur du métal la composant, ni avec sa rareté. C’est pour cette raison qu’il n’y a pas de livre de cotations officielles des médailles.
(On peut néanmoins noter que des médailles, signées
par Pisanello ou Matteo di Pasti, artistes de la Renaissance italienne, ou
d’autres, signées par Warin ou Dupré, graveurs français
du classicisme, ont vu leur prix atteindre les 10 000 €uros.)
Collectionner les médailles
Collectionner les médailles, c’est constituer un album de photographies métalliques, (éventuellement, personnalisables par une gravure), c’est-à-dire constituer une « collection de soi » à soi ! La médaille peut, en effet, raconter avec originalité la vie, la famille, les enfants, les goûts, les voyages, les professions, les grands événements. Au commencement de toute collection, on se doit de, d’abord : « savoir collectionner ».
La collection de médailles présente un avantage de poids, car
elle s’élabore dans la qualité, bien plus que dans la
quantité : 3 médailles de De Gaulle, ou 3 médailles de
châteaux seront plus représentatives que toutes les médailles
de De Gaulle ou que toutes les médailles de châteaux. Choisir
un ou plusieurs thèmes est donc prépondérant, compte
tenu de l’abondance des sujets proposés. La Monnaie de Paris
présente un large éventail des directions possibles à
prendre. Chaque médaille offrira, ensuite, en récompense, la
narration de son histoire, mais, également, de celle que le collectionneur
va lui donner. Après les thèmes, il sera utile de penser au
budget que l’on s’octroie pour sa collection, aux recherches que
l’on sera amené à effectuer dans les boutiques de numismatique,
à la Monnaie de Paris, auprès de ses proches, de ses correspondants,
au Club Français de la Médaille, aux documentations que l’on
voudra rassembler sur le ou les thèmes choisis.
Club français de la médaille (CFM)
Etre membre du Club Français de la Médaille permet :
- d’obtenir un avoir équivalent au 1/6 du montant de ses achats
dans la majorité des gammes de produits de La Monnaie de Paris
- d’être invité aux Ventes Privées de la Monnaie
de Paris, qui proposent des produits rares avec remises
- de recevoir le journal de la Monnaie de Paris, « Panorama »,
qui donne l’actualité des médailles
- d’être invité en priorité aux nouvelles expositions
à la Monnaie de Paris, avec un conférencier
- de visiter gratuitement avec sa famille le Musée de la Monnaie de
Paris
Tous renseignements relatifs au CFM peuvent être obtenus en téléphonant
au 01 40 46 58 89 ou en venant à la Boutique de la Monnaie de Paris,
2, rue Guénégaud 75006 Paris.
Classement des médailles
Toutes sortes d’options s’offrent pour le classement des médailles. Il peut s’effectuer par :
Apprécier la médaille (vue, toucher, ouïe, odorat, goût)
Pour apprécier, l’humain fait spontanément appel à
ses cinq sens, qu’il met en connexion avec son cerveau et ses moyens
d’expression. Dans le cas de la médaille, certains sens sont
privilégiés, bien sûr. Une médaille se repère,
en général, par le regard et va, tout de suite, focaliser le
sens de la vue sur elle. Du fait de sa dimension, la médaille va affiner
le sens de la vue, pour faire appel à l’observation. Il s’agit
alors de percevoir les détails dans l’ensemble, déceler
ce qui ne saute point aux yeux , approfondir sa vision, en l’améliorant,
(au moyen d’une loupe, par exemple), décrypter, ensuite, les
apparences saisies, pour les mettre en relation avec sa culture et son système
de valeurs… Le mode de saisie le plus courant de la médaille
est précisément la saisie en main, touchant ainsi, au moins
du doigt, le sens du toucher ! Quant à l’ouïe, elle s’oblige
à « entendre », en priorité, la valeur esthétique
du galet de métal, et à s’entendre avec les règles
que tout bon médailliste se doit de respecter, vis-à-vis d’une
médaille, à savoir éviter les chocs (Cette précaution
comportementale est d’ailleurs utile dans nombre de circonstances !...).
Il convient donc de ne jamais oublier que la médaille est une œuvre
d’art, précieuse et fragile, même si son matériau
semble apte à traverser les siècles. Les métaux utilisés
pour la fabrication des médailles, bien que précieux ou communs,
n’ont un parfum que très faiblement perçu par l’être
humain. Il n’y a, alors, qu’à ressentir la médaille,
tout en ayant du nez, pour acquérir celle qui plaira le plus. La satisfaction
du goût avec les médailles se situe au plan intellectuel. Tout
médailliste a naturellement du goût pour la beauté, pour
l’histoire, pour la symbolique, et a du plaisir à en parler.
Introduction
L’idée d’accrocher un objet à un lien, à
un collier, à une chaîne, (perpétuations du lien ombilical),
remonte aux temps les plus reculés. On peut même considérer
que l’origine de la médaille et sa signification profonde sont
à mettre en relation avec l’habitude de porter sur soi des talismans
porte-bonheur, auxquels les premiers hommes attribuaient des pouvoirs magiques,
comme la fécondité, la force, la virilité, la protection,...
Ces rites de protection restent toujours ancrés dans nos cultures et
dans l’inconscient collectif. Matérialisés primitivement
en coquillages, dents d’animaux ou pierres, ils vont devenir des pièces
de métal, compagnes de vie, chargées d’histoire et de
symboles. Apparaîtront ainsi l’amulette, le phallus d’or
romain, la bulle, le médaillon-reliquaire, l’insigne, la médaille
religieuse, la médaille ésotérique, le portrait, l’effigie,
la « monnaie antique », la médaille commémorative.
On comprend, dès lors, que le médailliste (ou collectionneur
de médailles), n’ait que l’embarras du choix pour élire
la thématique de sa collection et en déterminer l’ampleur.
Ce guide est là, pour l’aider vers un choix, en lui proposant
quelques options primordiales, en même temps qu’un vernis culturel,
suffisants croyons-nous, à l’orienter, judicieusement.
La médaille, qu’elle soit « olympique », « de baptême », « d’ancienneté »,…, matérialise toujours de la valeur émotionnelle. La contemplation esthétique de son symbolisme apporte une distraction apaisante, qui suscite une envie de partager. Dans cette quête communicative d’un émoi primordial et artistique, le médailliste va trouver ici quelques signalisations pour, simplement, l’aider. Ce guide propose, par ordre alphabétique, un faisceau de thèmes, dans lequel tout médailliste débutant va pouvoir, confortablement, exercer son choix et sa recherche de sens.
Médaille
Représentations de la médaille : à la Renaissance, les médailles ont tendance à l’évhémérisme (ou transposition de l’historique en mythe). A partir du XIXe siècle, elles vont représenter toutes sortes de sujets, de faits politiques ou religieux.
Définition de la médaille : la médaille est une association
du créateur de l’œuvre originale, (en général,
un artiste sculpteur), et de la maîtrise des artisans, qui réalisent
la médaille à partir du modèle. Elle est une sculpture
en bas relief ou une ronde bosse. Elle est frappée ou fondue. Elle
est généralement circulaire. Elle est faite, habituellement,
en l’honneur d’un personnage ou pour illustrer un événement.
Actualité de la médaille
La médaille a connu au cours des siècles une faveur constante.
Elle a toujours été un support privilégié d’expression
et de mémoire des grands événements et des grandes figures
nationales. Aujourd’hui, elle est devenue un objet de commémoration
ou de célébration d’événements collectifs
ou de caractère privé. Elle exprime à merveille un signe
de reconnaissance, tout en étant un support de communication. Se dégageant
de la chrysalide officielle et commémorative, la médaille est
devenue aujourd’hui un art majeur. Aux côtés de la médaille
de forme classique, la Monnaie de Paris explore les possibilités qu’offre
son savoir-faire et produit une grande variété d’objets
frappés ou fondus : les bijoux, les fontes d’art, les plaques
de cheminées, les objets fonctionnels de bureaux tels que coupe-papier,
par exemple. La plupart de ces éditions, en tirage limité, sont
présentées dans la revue semestrielle « Panorama »,
du Club Français de la Médaille.
Techniques de fabrication des médailles
Les deux formes principales de fabrication son tla fonte ou la frappe (effectuée
dans les ateliers de la Monnaie de Paris ou dans ceux de sous-traitants).
La médaille fondue est une oeuvre à la dimension d’exécution.
Elle est modelée sur plastiline, les deux faces séparément.
Un moule en sable est confectionné pour recevoir le métal en
fusion. Puis, le moule est brisé et la fonte est ébarbée
et patinée. L’estampage est la frappe du flan, en fonction de
son épaisseur, en plusieurs passes, avec détourage de la soie,
suivie d’un traitement de la surface et, éventuellement, d’une
patine et d’une pose d’un entourage.
Catégories de médailles : Le terme « médailles » désigne l’ensemble des médailles, jetons, plaquettes et objets assimilés, frappés dans les ateliers de la Monnaie de Paris, (ou dans des ateliers équivalents en France ou à l’étranger). Les « Editions de la Monnaie de Paris » font l’objet de contrats passés entre l’artiste et la Monnaie de Paris.
La valeur d’une médaille à la vente dépend des dimensions de la médaille, de la nature de la médaille ; son poids, la difficulté de frappe de la médaille. La « Collection Générale de la Monnaie de Paris » comporte une série historique qui retrace les faits saillants de l’histoire et conserve dans le bronze l’effigie des personnalités marquantes. Les « Médailles des Beaux Arts » ont été achetées aux artistes par les Beaux Arts et éditées par la Monnaie de Paris. Les « Editions particulières » sont commandées par la personne physique ou morale qui fait frapper une médaille pour avoir l’exclusivité de la frappe et de la disposition des exemplaires frappés.
Composée d’une face et d’un revers, la médaille
peut être également distinction honorifique, un médaillon
(de grande dimension), une pièce de métal donnée en prix
à un lauréat, une plaque professionnelle numérotée
(notons qu’à la Monnaie de Paris, les « revers »
sont aussi beaux que les avers sur les médailles, ce qui n’est
pas toujours le cas, lorsqu’il s’agit des revers de la vie de
tous les jours !).
Médailles à la Monnaie de Paris
“Aere argento auro flando feriundo”, (“en fondant et en
frappant l’or, l’argent et l’airain”), telle est la
devise que l’on retrouve sur la plupart des outils traditionnels de
la Monnaie de Paris. Dans le Temple de la Médaille du Quai Conti, ces
mots évoquent la qualité artistique et artisanale à la
fois du travail qui y est effectué, depuis 1807, dans un parfait souci
de la noblesse de l’activité. Ce poids de la tradition a permis
à la médaille d’illustrer monuments, paysages, moments
de la vie, état d’âme, comme si elle était un poème
de métal. La médaille est une œuvre d’art rare, dans
le sens figuré du mot. Reproduisant des monnaies anciennes, comme aussi
des sceaux (équestres, de femmes, de villes,…), symboles de l’engagement
pris, qui rendaient irrécusables la parole donnée, la médaille,
produite par la Monnaie de Paris, éclaire l’histoire de la France
et même celle du Monde : elle est une conteuse. La médaille,
par son graphisme, qui peut être dépouillé, en assurant
la netteté des reliefs, donne accès, comme Louis XIV l’avait
bien compris, à la postérité, ou plus simplement à
la mémoire. Et c’est avec raison que Napoléon Ier, en
son temps, fit mettre la Monnaie de Paris au rang d’Institution d’Etat
avec rôle d’art officiel. Dali, César, Debré, Botero,
Belmondo, Arman, Trémois, Szekely, Putman, Stark, Din Vanh, Vendôme,
Parpan et bien d’autres sont venus, ici, s’essayer à l’art
de la médaille.
Nettoyer une médaille
Le temps fait perdre du brillant à toute chose. Les médailles
ternissent naturellement et il ne faut surtout pas vouloir restaurer leur
poli d’antan, car les nettoyer, c’est immanquablement user leur
surface. Il faut se résoudre à accepter le charme de la patine,
garante d’une certaine authenticité. Notons, cependant que le
bronze se nettoie à la brosse de soie, afin de lui conserver sa patine.
Origine de la médaille
La médaille surgit au XIVe siècle, en Italie, grâce à la conjonction d’un courant artistique et d’un courant technologique. La Renaissance lance « la mode de la médaille », en s’intéressant aux « médailles » ou « monnaies antiques ». Dans le même temps, le progrès technologique permet, dès cette époque, la coexistence, -toujours d’actualité, d’ailleurs-, de deux techniques de fabrication :
- celle de la médaille de fonderie (métal coulé dans
des moules)
- celle de la médaille frappée à l’aide d’une
matrice (frappe, qui utilise le balancier, une machineinventée au XVIe
siècle en Allemagne.)
Commémorative, la médaille se met à représenter
les monarques et les princes, ainsi que les événements marquants.
Pisanello, (mort vers 1455), initiateur de la médaille, est l’un
des grands artistes de la Renaissance italienne. Ayant noté que la
médaille relève de la création artistique, Germain Pilon
(1528-1592) et Jean Warin (1604-1672), à leur tour, en France, se mettent
à faire des médailles.
Percevoir la médaille
Chaque médaille raconte sa propre histoire, mais aussi celle de l’être humain qui l’a détenue ou qui la détient. L’art de la médaille est cet art, posé dans l’objet, que, progressivement, le médailliste va percevoir avec son âme. Il s’agit, d’abord, pour lui, de regarder la médaille, afin d’y voir la maîtrise de l’espace, la profondeur de la gravure, la qualité du dessin, le tracé des lignes. Puis, le médailliste en opère une lecture du doigt et une lecture du cœur, pour, en premier, discerner les différentes facettes de la médaille, car chacune donne une vision supplémentaire d’un espace de pure intensité mentale. En s’attardant un peu sur elles, le médailliste trouve qu’elles captent l’attention, en faisant vivre tout un lot de sensations lumineuses, et qu’elles communiquent à la fois espace et traces dans l’espace, en dévoilant tout un champ d’associations, toute une superposition de sens. Il est alors à même d’en ressentir toutes les vertus. En effet, la médaille est une perception accélérée de l’instant, qu’il faut lire et relire, pour l’aimer. La médaille appartient à la totalité sensible, entre intuition et attention et elle devient naturellement miroir de soi-même. Le médailliste est maintenant prêt à comprendre l’art de la gravure.
La gravure est l’art d’un graveur, qui, dans une configuration de limitations, crée le plus subtil des séismes, en faisant surgir un ravissement. Pour cela, il fait prendre la parole au métal, à un détail du métal, afin de leur faire restituer le monde dans son amplitude. Le graveur écrit en clair-obscur les unes du journal du réel sur et dans le métal. Il trace tout un territoire d’aiguisement apaisé des formes et des sensations. Cette fraîcheur de représentation a un pouvoir de suggestion remarquable, une puissance d’émotion et une capacité d’enseignement direct par l’image. Mais que le médailliste ne s’effraie pas !
En parlant de la médaille, il va pouvoir communier avec l’art du graveur et avoir plaisir à nommer, dans une sorte d’inventaire, tous ses trésors superposés. Il lui faudra juste suggérer que l’étreinte d’or, d’argent ou de bronze renferme de l’indéchiffrable à déchiffrer. Quel bonheur alors que d’évoquer que la médaille est un cisèlement d’un vrai vertige, une mise en image du silence, un espace de naissance infinie, qui s’ouvre richement, par une fixation pérenne d’éléments, (comme les Pyramides d’Egypte, le Temple d’Angkor, le Machu Pichu, …) ! Il faut le reconnaître : la médaille est un objet d’art inspiré !
Son lyrisme ramassé, sa célébration d’un charivari du vivant, sa complicité avec le temps permettent de fraterniser avec l’effleurement de l’affleurement artistique, mais aussi de s’en retrouver les dépositaires et les ambassadeurs, et, enfin, d’en apprécier, avec hédonisme, (recherche du plaisir et de la satisfaction de vivre), toutes les énergies. La médaille est de la sensibilité communicative, dont on ne peut se priver à une époque parfois ressentie comme trop technologique.
La médaille grave dans les esprits… Et le médailliste devient son graveur spirituel, en faisant passer nombre de ses messages…
La médaille est également espace pour rêver.
L’être humain, qui a constamment besoin de trouver du sens et qui a besoin de relier les gens, les événements et les choses entre eux, va être touché par les liens durables, qui s’inscrivent dans une médaille, où la mémoire des dates importantes d’une vie reste éveillée. Dans le métal, l’être humain peut soudain voir son immortalité. La médaille lui donne une vision supplémentaire, tout en proposant une observation de la savante simplicité de la mise en scène, effectuée par le graveur, que ce soit dans le lieu le plus commun ou dans le lieu le plus exceptionnel. D’hospitalière, la médaille devient expression de reconnaissance et une sensation de reconnaissance. Elle est perception accélérée de l’instant, simplement, grâce au point de vision, au nouvel angle, qu’elle propose, simplement, par une attention portée à l’infime, simplement, par une tendresse envers leur monde. L’observateur de la médaille, quant à lui, se met à lire et à relire une sorte d’exaltation toujours neuve. Il se met à sentir que ce lien prédestiné, qui unit les êtres et les choses, et duquel découlent une attention et un respect particulier envers l’autre, est perçu comme le miroir de soi-même. Un lien singulier, unissant artiste et « amateur-spectateur », surgit alors dans cette rencontre avec la notation des instants du monde, dans une extrême minutie, dans un moment précis. Et tout médailliste devient alors « ambassadeur-poète », pour parler de ses immortelles de bronze !
La médaille met en image du silence, pour lui en faire dire plus. Elle fixe pour ouvrir. Elle est « moment-témoin », espace révélateur, célébration. Elle est à la fois véritable bijou, champ d’énergie et porte ouvrant sur l’éternité et instantané du monde contre l’ignorance et l’oubli. La médaille est là pour nous soutenir et nous souvenir !
En résumé, le médailliste qui voudra parler de sa perception
de la médaille, aura seulement à repérer les facettes
de la médaille ; être impressionné par les vertus de la
médaille ; percevoir l’art de la médaille ; expliquer
pourquoi la médaille a sa raison d’être. Et sa passion
sera ainsi parfaitement valorisée !
Matériel du médailliste
Le médailliste aura intérêt à se munir de ces deux instruments d’observation des médailles : une grande loupe (grossissement X 3) ; un oeilleton ou loupe de diamantaire (grossissement X 10), ainsi que de fiches, pour reporter annotations et dessins.
Thèmes de collection de médailles
La collection commence souvent avec un coup de cœur et se poursuit avec un fil conducteur, -fil d’Ariane, au départ-, qui devient rapidement une colonne vertébrale. Avant de faire fabriquer une médaille en votre honneur ou d’en recevoir officiellement une, vous pourrez, adroitement, faire resplendir votre entregent et votre personnalité par l’acquisition de quelques médailles, qui correspondent à vos goûts et à ce que l’on aime en vous. 3 à 5 médailles d’un thème, qui vous touche et vous tient à cœur, suffiront à faire de vous un élégant médailliste.
La Monnaie de Paris s’inspire dans ses éditions de multiples
thèmes :
| - l’amour - l’architecture - l’espace et le temps - l’être humain - la chanson (Aznavour, Dalida, Piaf ou Vian, Brassens, Brel) - la famille - la France dans le monde - la France et l’Histoire - la gastronomie - la Grèce antique (Minerve, Acropole, théâtre, Homère) - la littérature (Hugo, Lamartine, Musset) - la musique (Bach, Mozart, Beethoven ou 3 Mozart différents) - la nature (végétal, animal, minéral) - la peinture - la vie en société - le baccalauréat - le permis de conduire - le pouvoir (Napoléon, Louis XIV, De Gaulle) - les animaux (éléphant, rhinocéros, buffle ou 3 éléphants différents) - les boutons de manchette - les civilisations - les coupe-papier - les crucifix |
- les danses - les éléments - les époques - les fables (La Fontaine, « Le Corbeau et le Renard », « La Cigale et la Fourmi ») - les jetons de vœux - les médailles de société - les médailles de vœux - les médailles enrichies - les médailles-calendriers - les monuments (Arc de Triomphe, Chambord, Tour Eiffel, Mont-Saint-Michel) - les pays - les pays étrangers - les peintres (Picasso, Rembrandt, Vinci) - les pendentifs - les plaques de cheminée - les régions - les religions et les spiritualités (christianisme, bouddhisme, islam, judaïsme) - les sciences - les sports (golf, équitation, tennis ou football, rugby, basket) - les techniques - les valeurs - les vertus - les villes (Chicago, Venise, New York) |
Mais d’autres idées peuvent fleurir dans l’esprit de
chacun ! Ainsi, une mère aura plaisir à se constituer un bracelet,
auquel elle ajoutera, pour la naissance de chacun de ses enfants, une nouvelle
médaille. Ainsi, un grand-père pourra offrir une collection
d’allégories illustrant les valeurs fortes, auxquelles il est
resté attaché, sa vie durant, et qui lui ont permis de faire
face à toutes les épreuves (et chacun d’entre nous méritera,
sans que cela lui soit reproché, la médaille « A l’Illustre
Inconnu », qui existe bien dans les collections de la Monnaie de Paris
!) Et si vous voulez diversifier encore votre collection, vous pourrez la
composer au fil des tailles, des métaux, des patines…
Symboles sur médailles
Quantité de symboles sont représentés sur les médailles.
Un jeu intéressant est de les déceler, pour ensuite les interpréter.
Pour ce faire, on peut s’aider d’ouvrages spécialisés,
comme le « Dictionnaire des Symboles », dans la collection «
Bouquins », Editions Robert Laffont.
Se former en médailles
La collection de médailles conduira le médailliste, immanquablement,
à visiter la Monnaie de Paris, ses Ateliers, ses Boutiques, son Musée,
mais aussi à fréquenter les marchands, les ventes aux enchères,
les petites annonces dans les revues spécialisées, les foires
numismatiques, les bourses d’échange…
Présenter la médaille
Une médaille de la Monnaie de Paris est un décor raffiné
sur le mur, incrustée dans un cadre de velours ou simplement suspendue
à un clou invisible, comme si elle-même s’était
posée, par hasard, en bonne place, sur un panneau mural, avec de l’espace
autour, selon une ligne de fuite. On peut encercler la médaille d’une
lanière de cuir, fine, soigneusement collée sur son épaisseur,
respectant strictement les bords, (lanière qu’il faudra libérer
de chaque côté pour la mise en place de la médaille, que
l’on suspendra au clou invisible, en nouant très simplement les
deux extrémités par une agrafe étroite et solide, dorée
ou métallique selon le caractère de la médaille).Toute
une collection peut ainsi se développer en frise ou en toute autre
forme de décor. La médaille raconte son histoire avec l’esprit
et la culture de l’époque. En bijou, (bracelet, pendentif, bague,
clips, broche, boutons de manchette,…) elle pare d’élégance.
La médaille, dans chacune de ses présentations, est une œuvre
d’art, travaillée sur un petit espace, qui révèle
le goût artistique et la personnalité.
Prendre soin des médailles
Les médailles gagnent, (comme tout le monde), à ne pas être choquées, car le métal, symbole de dureté, reste fragile, quand il est aussi finement travaillé. Il faut donc noter que les médailles redoutent les chocs, coups, montages en bijouterie, polissages, rayres. La patine que leur offrent les ans, (voire les siècles), devient pour les médailles une peau archéologique et esthétique de savoir, que l’on a plaisir à étudier et à ressentir, exactement comme lorsque l’on apprécie un vieux meuble ou un vieux vin.
Les médailles sembleraient devoir se classer parmi les objets de collection
dont l’entretien exige le moins de précaution. En effet, elles
ne présentent ni la fragilité des porcelaines, ni la vulnérabilité
des estampes ou des livres qui se froissent, se déchirent ou dont les
couleurs se brûlent à la lumière. Et pourtant une bonne
conservation des médailles nécessite un certain nombre d’attentions
spéciales. Tout d’abord, il est évident que les médailles
sont sensibles aux chocs et aux frottements, surtout les médailles
anciennes frappées sur cuivre ou étain, car les reliefs ne sont
pas, comme ceux des monnaies, protégées par la hauteur d’un
listel. Aussi les tiroirs des médailliers seront-ils douillettement
capitonnés de feutre ou de velours, dont la chaleur de coloris pourra
réchauffer et mettre en valeur l’éclat du métal.
La corrosion est le principal ennemi de la médaille. Les agents atmosphériques, l’humidité, et surtout les brouillards salins des régions maritimes sont néfastes à une bonne conservation des médailles en bronze, qui ne tardent pas à se couvrir d’une couche de vert de gris. Celles qui sont frappées sur argent sont sensibles à la sulfuration. Il arrive de constater que des médailles en argent posées sur la garniture d’une vitrine ou gardées soigneusement dans un écrin noircissent peu à peu. Cet incident est imputable au souffre contenu dans la matière colorante du tissu. Il en serait de même si ces médailles étaient en contact avec du caoutchouc vulcanisé. On a, par ailleurs, observé que les médailles en argent, exposées dans les vitrines éclairées avec des tubes de néon, noircissaient à la longue, alors qu’un éclairage avec des lampes à incandescence ou des tubes fluorescents n’avait pas de tels inconvénients. Peut-être s’agit-il d’une oxydation à l’ozone.
Pour retarder la corrosion, d’une part, et pour fixer la patine, d’autre part, les médailles que livre de nos jours la Monnaie de Paris sont recouvertes d’une pellicule très fine d’un vernis cellulosique. Le jeu des dilatations provoque, cependant, à la longue, des craquelures du vernis, créant ainsi dans le film protecteur des failles par où pénètre la corrosion. Il est donc souhaitable pour bien conserver les médailles, de les placer dans des locaux sains et où les variations de température sont minimes et lentes, si possible à l’abri des rayons du soleil, et de penser à ventiler les vitrines, si elles sont éclairées intérieurement, pour éviter des échauffements néfastes qui, suivis de refroidissements, créent des séries de dilatation du métal.
Si, malgré toutes ces précautions, il arrive au collectionneur de constater que quelques-unes de ses pièces sont corrodées, il doit surtout s’abstenir de tenter de les nettoyer avec un produit d’entretien quel qu’il soit, car la matière abrasive et le solvant feraient disparaître aussitôt et le vernis et la patine. Or celle-ci peut apporter à l’œuvre d’art un charme complémentaire et parfois essentiel. Il est préférable dans ce cas de confier ces médailles à l’Editeur, qui est parfaitement qualifié pour remédier à cela.
L’entretien de base que l’amateur doit donner à ses médailles
consiste à les nettoyer périodiquement à sec avec une
brosse de soie très souple ou avec un chiffon de laine. Un léger
frottement élimine les poussières accumulées dans les
fonds, en donnant aux reliefs un éclat sur lequel se joue la lumière
pour souligner le modelé. Certains enduisent le chiffon de laine de
très peu d’encaustique, en évitant qu’un excès
de celle-ci ne s’emprisonne dans les creux. C’est ainsi que, sans
altérer ni le vernis ni la patine, il est possible de redonner un éclat
aux médailles. Mais le véritable collectionneur préfèrera
à tout une manipulation fréquente. Le contact de la peau contribue
à améliorer la qualité de la patine tout en donnant aux
reliefs une brillance transparente. De plus, pour l’amateur passionné,
le plaisir de la caresse manuelle complète pleinement la joie des yeux.
Types de médailles
Multiples sont les types de médaille. En voici les plus courants :
- Astrologique
- Baptême
- Bijou
- Bronze d’art
- Commémoratif
- Décoration
- Edition particulière
- Emaillé
- Fonte
- Historique
- Portrait (souvent « miroir des rois »)
- Profane
- Religieux
- Symbole d’affection
- …
Dans tous les cas, la médaille ponctue toutes occasions, ainsi que
les grands et les petits événements de la vie.
Conclusion
La médaille arrête le temps pour mieux le transmettre à
tous les humains. Le médailliste sait s’arrêter, pour mieux
regarder la médaille, pour ressentir le poids de son message, pour
éprouver un plaisir authentique. La collection de médailles
est une facette de sa personnalité et de son entregent. Bien au-delà
de l’orgueil qui semblait émaner d’elle à l’époque
de Louis XIV, la médaille est, aujourd’hui, symbole durable des
moments de vie.